contact@haitiwonderland.com+509 36184317

Découvrir

Panier

La République des Apatrides?
La République des Apatrides?
La République des Apatrides?

La République des Apatrides?

Haïti fait la une des journaux partout dans le monde. Et ce n’est pas une bonne nouvelle. Les exploits des Haïtiens suscitent rarement autant d’intérêt, mais on a toujours tendance à pointer du doigt les dérives, faire couler de l’encre pour remuer les épines dans le pied, diffuser en boucle pour relayer le chaos qui sévit. Il n’y a guère de média pour faire amende honorable de la résilience de ce peuple aculé. Personne pour souligner la résistance farouche qui sert de carburant à ce peuple suspendu dans les gorges de la mort. Et si c’était dans une certaine mesure le seul moyen de parler de ce pays pour enfin attirer l’attention ?

On est le 26 juillet 2024. Les Jeux Olympiques viennent de commencer en France. La 33ème olympiade des temps modernes. Mine de rien, selon le Magazine Forbes, Haïti se classe parmi les dix nations avec le meilleur costume, pointant fièrement à la troisième place. Parallèlement, à des kilomètres de l’Hexagone, sur « L’Île du chaos savamment orchestré », les Haïtiens ne se rendent même pas compte à quel point cette reconnaissance frise l’ironie. Un paradoxe dont l’évocation, impopulaire, risque fortement de déplaire. Une image aérienne montre la ville de Paris dans toute sa splendeur, illuminée comme les portes du paradis, reflétant toute la grandeur de la France, toute la magnificence qu’elle a acquise au fil des siècles, sans omettre la contribution du sang versé par l’affreuse machine de la colonisation. Je ferme les yeux, je remonte le temps, je revois ce garçon livré à lui-même, perdu sans même le savoir, voué à l’échec sans même le comprendre. Et puis il y a les autres. Des garçons dans la même situation, ou pire. Au ban de la société, ils ne savent pas ce que la vie leur réserve. Ils forment l’élégante classe des marginalisés, en leur qualité de vauriens, bons à rien, et malandrins qui font entorse à l’éclat de la société. Ce contraste m’interpelle, et je me demande un instant si ceux qui vivent le chaos de l’extérieur saisissent l’enjeu et la réalité de la situation. D’ailleurs il me semble que même la majorité des Haïtiens vivant sur le territoire n’ont aucune notion des aspects fondamentaux et essentiels de la situation.

Un problème de dicton…

Zafè mouton pa zafè kabrit. Il fut un temps où de nombreux Haïtiens répétaient ce dicton, soit par ignorance ou par pur égoïsme, jusqu’à ce que la réalité les rattrape brutalement. Ils croyaient que le mal qui rongeait certains endroits du pays n’était propre qu’aux résidents de ces dits-lieux, et que cela ne pouvait, en aucun cas, s’étendre jusqu’à leurs portes. Haïti a une histoire qui s’est inscrite dans les annales de l’union, dans sa forme la plus pure. L’unité est donc un élément indissociable de l’identité haïtienne. C’est pourquoi, pour garder la cohérence qui pose les jalons de son histoire et préserver son identité, Haïti ne peut se défaire de ses démons tant que son peuple refuse de reconnaitre la quintessence sacrée de l’acte de solidarité. Ce problème de dicton, lorsqu’il devient un problème sociétal, tire toute son explication dans un autre dicton tout aussi populaire : sa w plante se li w ap rekòlte. Malheureusement, dans les bas-fonds de la ville, les recoins de la cité, les corridors des bidonvilles, les rues des quartiers populaires, ceux qui récoltent la tempête n’avaient jamais eu affaire au vent. Car leur horizon n’était qu’un ciel vouté et gris, au-dessus d’une mer crénelée où ne soufflait la moindre brise. Un tableau d’un ennui mortel. Le « Yakuza haïtien » ignorait que son destin était décidé dans de grandes réunions obscures. Des hommes sans état-d’âme décidaient de leur sort à coups de malversations et par amour effréné pour le pouvoir et le sang. Des plans machiavéliques étaient orchestrés alors que le Yakuza haïtien vivait dans la plus totale indifférence face au danger qui le guettait. Il ignorait son malheur, et ne le voyait point venir. Ainsi, cet être abstrait sans aucun droit allait devenir, sans le savoir, le pilier essentiel du pouvoir de ces êtres abjects sans foi ni loi. Or c’était eux, dès qu’on a mis le feu aux poudres, les criminels invétérés, les coupables, les sanguinaires qu’il fallait détruire à tout prix. Mais oui, à quel prix ?

Voir Aussi

Une affaire d’Etat…

Il n’y en a pas. Tout simplement. Faire mention d’Etat pour désigner une assemblée de marionnettes obéissant à leurs bourreaux est une insulte corsée envers Dessalines et Christophe. C’est un crachat abondant et gluant à la face de ces hommes qui avaient porté en eux l’idéal de la fierté et de la grandeur haïtienne. Mais puisqu’il faut en parler comme si c’était le cas, il convient donc de considérer le chaos comme une affaire d’Etat. Si les Conzé du pouvoir l’avaient voulu, aucune forme d’ingérence n’aurait pu rendre possible cette honteuse situation. Comment un peuple à l’histoire si fière peut-elle tomber si bas ? Il suffit de poser la question, et on se met à crier tous azimuts : « C’est de la faute de l’Occident ! »
Cela me rappelle vaguement les Kapos, durant la Seconde Guerre Mondiale, dans les camps de concentrations nazis où les Juifs étaient exterminés dans les fours crématoires. En Haïti, le même rapport subsiste entre les Haïtiens et leurs dirigeants. C’est d’une tristesse sans nom et d’une telle ironie que de voir ce pays qui avait le potentiel de devenir le premier paradis au monde, par son idéal de la justice et de la liberté, tomber entre les mains de la descendance des exécrables fils de Conzé.
Il est peut-être temps de se le rappeler finalement : Enbesil ki bay, sòt ki pa pran. Quel malheur ! Au regard de l’histoire, ce pays a tellement vu la dégaine d’imbéciles défiler dans ses rangs que l’on comprend mieux pourquoi on est devenu l’une des cibles favorites des artisans du chaos. Rayi chen an, di dan l blan, on peut tout reprocher à l’Occident, mais on doit bien reconnaitre qu’ils sont loin d’être idiots. Ils sont forts, les bougres, il faut le reconnaitre, et cela fait bien leur affaire face à des marionnettes aussi amorphes qui livrent le pays, sans oublier d’ajouter à cela leur dignité, leur humanité et leur intégrité. Tout un paquet bien garni bradé à la volée.

La raison du plus fort…

Il n’y a point d’Etat de droit dans certaines régions du pays, et il n’y a désormais qu’une seule raison à faire valoir car il n’y a désormais qu’une seule force. Ce que décident les enfants abandonnés et autrefois marginalisés est désormais la seule loi qui importe. A l’aube d’un éventuel assaut de balles pour en finir avec les fils de ceux qui font de la vie leur combat, parfaits boucs-émissaires d’une situation à moult rebondissements, les enfants de ceux qui ont transformé la terre des Héros en enfer se caressent les burnes dans les meilleures universités chez Son Excellence l’Occident ou s’empiffrent des meilleures parts du gâteau, cloîtrés dans des tours gardées par les mêmes fils de la classe prolétarienne assujettie... Finalement, même le chien dans la parabole du centurion était plus chanceux car lui au moins avait droit aux miettes de pain tombées sous la table. Et nous autres, aculés dans les quartiers populaires, entassés dans les bidonvilles, pris au piège avec les Yakuzas haïtiens dans les territoires livrés (ou perdus, selon l’usage), nous nous demandons encore quel mérite accorder à ceux-là qui faisaient croire aux fils d’autrui que leur avenir se profilait derrière les barricades qui entravaient la marche du pays.

En somme, la mascarade continue, et on continue à se voiler la face, ayant pourtant le regard cinglant de la réalité planté dans le nôtre. On a célébré l’ « heureux exploit » de figurer parmi les dix nations les mieux sapés des Jeux Olympiques au moment où Haïti figure parmi les premiers pays les plus saqués au monde, et les plus sales.

Partager
À propos de l'auteur
Jean Rony Charles
Jean Rony Charles
Laissez un commentaire

Publié récemment

Le Compas Haïtien : Un Voyage Musical et Culturel

La musique a toujours été un élément essentiel de la culture haïtienne, et parmi les nombreux genres qui ont émergé de cette île des Caraïbes, le Compas occupe une place particulière. C’est un style musical qui porte en lui l’histoire, la diversité culturelle et l’énergie vibrante d’Haïti. b~Origines et Évolution~b Le Compas Haïtien, également connu sous le nom de Kompa, a des racines profondes dans les traditions musicales haïtiennes et africaines. Son développement a été influencé par des genres tels que le merengue dominicain, la salsa cubaine, le jazz et même le rock. Cette fusion de styles a abouti à un son distinctif qui incarne la richesse et la diversité culturelle d’Haïti. Le Compas Haïtien a évolué au fil des décennies, passant d’un style plus traditionnel à des formes plus modernes et sophistiquées. Des artistes emblématiques tels que Nemours Jean-Baptiste et Tabou Combo ont contribué à façonner le genre et à le propulser sur la scène musicale internationale. b~Les Caractéristiques du Compas~b Le Compas Haïtien se caractérise par son rythme enivrant et ses arrangements complexes. Les instruments traditionnels tels que la guitare, le saxophone, la batterie, et bien sûr, la basse, jouent un rôle crucial dans la création de cette musique entraînante. Les paroles, souvent chantées en créole haïtien, abordent des thèmes variés, de l’amour et de la joie à des questions sociales et politiques. La danse est une composante indissociable du Compas Haïtien. Les rythmes irrésistibles incitent les danseurs à se déhancher au son de la musique. Les mouvements de danse traditionnels, tels que le "Kompa Direk" et le "Kompa Love," reflètent l’expression joyeuse et la sensualité qui caractérisent ce genre musical. b~Influence Mondiale~b Au fil des ans, le Compas Haïtien a transcendé les frontières d’Haïti pour conquérir les scènes internationales. Des artistes haïtiens ont contribué à populariser le genre dans le monde entier, apportant avec eux la chaleur et la vitalité de la culture haïtienne. Des festivals de musique dédiés au Compas attirent des fans du monde entier, offrant une expérience immersive de cette musique entraînante. Le Compas Haïtien est bien plus qu’un genre musical ; c’est un porte-étendard de la culture haïtienne, un miroir reflétant l’histoire, la diversité et la résilience du peuple haïtien. Découvrir le Compas Haïtien, c’est plonger dans un monde de rythmes envoûtants, de danses passionnées et d’histoires captivantes, tout en célébrant l’héritage musical unique d’Haïti. Que vous soyez un amateur de musique du monde ou simplement curieux de nouvelles expériences, le Compas Haïtien est une invitation à un voyage sonore inoubliable.

Newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter pour rester informé de toutes nos activités et actualités sur Haïti.

Haïti : Le département du Centre, l’un des départements les plus résistants aux séismes naturels

Le département du Centre, communément appelé Plateau Central, est l’un des dix (10) départements d’Haïti les plus solides face à certains phénomènes naturels. Avant de devenir l’un des dix (10) départements d’Haïti, le département du Centre faisait partie du Grand Nord. Il est réputé pour ses paysages naturels, son climat de biosphère et sa résistance face à certains phénomènes naturels. Outre ses productions naturelles telles que le maïs, le petit mil et l’élevage, le département du Centre est également connu pour ses hautes montagnes qui constituent une défense robuste contre certains phénomènes naturels tels que les tremblements de terre et les inondations. Composé principalement de hautes montagnes, le département de Charlemagne Peralte et Benoît Batravil est le seul des dix (10) à ne pas avoir de débouché sur la mer. Cependant, ses habitants tirent parti des vastes rivières, des fleuves et des lacs qui le traversent. Avec une superficie de 3 487 km², la population du département du Centre est estimée à 678 626 selon une étude réalisée en 2009. Sur cette même superficie, le département est divisé en quatre (4) arrondissements et douze (12) communes. Limité à l’est par la République dominicaine, le département du Centre relie d’autres départements du pays tels que le Nord et l’Artibonite, et connecte les deux pays de l’île à travers des zones frontalières comme Balladère, Hinche et Cerca Carvajal. Dans le département du Centre, on trouve des sites qui pourraient attirer les touristes pour leur beauté naturelle. À Saut d’Eau, il y a la cascade de Saut d’Eau, à Hinche on trouve le bassin Zim, le lac de Péligre, le barrage hydroélectrique de Péligre, le fleuve de l’Artibonite, et la rivière de Deux (2) Chambres à Thomonde, plus précisément à "El Manni", non loin de la section communale de Caille-Epin. Grâce à ses solides montagnes et à son climat naturel, le département du Centre reste l’un des départements les plus résistants en cas de séisme en Haïti.

Publié récemment

Histoire

Histoire

Première nation noire à se libérer de l’esclavage et à obtenir son indépendance de la France en 1804 et a influencé d’autres mouvements de libération à travers le monde, inspirant des luttes pour la liberté et l’égalité.

Beauté naturelle

Beauté naturelle

Haïti est dotée de paysages naturels spectaculaires, notamment des plages de sable blanc, des montagnes et une biodiversité riche.

Patrimoine

Patrimoine

Haïti possède un riche patrimoine historique, notamment des sites comme la Citadelle Laferrière et le Palais Sans-Souci, classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Culture

Culture

Haïti possède une culture riche et diversifiée, influencée par des éléments africains, européens et autochtones. La musique, la danse, l’art et la cuisine haïtiens sont célébrés à travers le monde.

  • +
    • Publication