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Le festival Haïti Monde : quand la culture devient acte de réparation
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Le festival Haïti Monde : quand la culture devient acte de réparation

Le Festival Haïti Monde est un événement culturel majeur dédié à la mise en valeur de la pensée, de la mémoire et de la création haïtiennes, en plein cœur de Paris. Porté depuis plusieurs années par l’intellectuel haïtien Sadrac Charles et son équipe, il se veut un espace de parole, de transmission et de réflexion. En 2025, cette quatrième édition s’organise autour d’un thème brûlant d’actualité : « Réparer le monde » et se déroulera du 25 juin au 11 juillet dans la capitale française. Gaël Octavia, prix Goncourt de la nouvelle 2025, sera l’invitée d’honneur. À ses côtés, d’autres amis de la cause haïtienne et des voix puissantes de la scène littéraire haïtienne seront réunies. Je veux parler du géographe Jean-Marie Théodat, Louis-Philippe Dalembert, Rocé, Mélissa Laveaux, Marie-Yemta Moussanang, Makenzy Orcel, Françoise Vergès, Lyonel Trouillot, Nicolas Idier, Nathania Périclès, Vladimir Delva, Sandra Dessalines, Claude Saturne, Kébert Bastien, Jude Joseph... et bien d’autres encore. Un hommage sera rendu à Frankétienne et Anthony Phelps aussi, ces deux géants de la littérature haïtienne qui sont décédés cette année.

Haïti
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Monde déchiré

Le monde porte des déchirures sur toute l’étendue de son corps ; les guerres déclarées, imposées par les puissants, se font de plus en plus présentes, et la voix des plus faibles n’a jamais été réduite à un niveau aussi bas depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cette tendance à vouloir s’imposer par la force est un grand coup porté contre le règne de l’humanité. En plus de nos tas de catastrophes, nous avons aussi la crise climatique qui se fait de plus en plus présente. D’où la nécessité d’une réparation pour ce monde. En ce sens, ce festival est une occasion de rappel, en plus d’être une façon de faire enfler la voix d’Haïti aux côtés des plus démunis.

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Haïti, ce pays qui a osé dire non

Cette édition s’inscrit dans la continuité d’une tradition de longue date : celle d’un pays qui, dès 1804, a osé renverser une horde mondiale injuste. Haïti, qui fut la première république noire du monde, ne s’est pas contentée de conquérir sa liberté ; elle s’est également engagée aux côtés de figures historiques comme Simón Bolívar, pour la libération de l’Amérique latine au début du XIXe siècle.
Même si le pays n’est plus la puissance militaire qu’il était à l’aube de son indépendance, il demeure une voix essentielle dans le concert des nations, une voix qui persiste à dire non à l’injustice, pour elle-même et pour les autres. C’est dans cet esprit que s’élève Haïti Monde, comme un cri poétique lancé contre le silence.

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La poésie comme langue universelle

Les organisateurs persistent et signent : le langage poétique est central dans toute prise de parole haïtienne. Car, au-delà des faits, c’est la poésie qui touche, traverse et unit. « C’est un langage universel capable d’atteindre n’importe quel bout de l’humanité », rappelle Sadrac Charles.
Et c’est bien par des mots assaisonnés de poésie qu’il a donné le ton du festival.
« Le monde s’est fissuré. Voilà les océans tapissés de cadavres, et les montagnes jonchées de prières sans écho… Nous dirons Haïti, celle qui exige, dans ses os fracturés, la possibilité d’un monde réparé… »

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Raisonner à Paris, parler au monde

Cette année, alors que la société civile haïtienne revisite la question de la rançon de l’indépendance, l’écho du festival dans la capitale française prend un sens tout particulier. Il s’agit d’une prise de parole responsable : dire Haïti au-delà du chaos, honorer sa mémoire, et surtout, appeler à la justice historique. Le bicentenaire de l’ordonnance de 1825 celle par laquelle la France exigea d’Haïti le paiement d’une indemnité exorbitante pour prix de sa liberté sera mis en lumière tout au long du festival. Ce moment, décrit comme un « bâtisseur de malheur », sera interrogé sous des angles différents. Peut-il être dépassé sans réparations ? Peut-il être réparé sans restitution ?
Réparer par les mots, rêver malgré les ruines. Dans un monde encore traversé par les inégalités et les dominations, cette édition du festival Haïti Monde s’érigera en manifeste de défense, autour du principe de réparation par le biais de la culture.

Écrire, dire, écouter, voilà les armes de cette résistance pacifique qui seront mises en valeur par l’équipe organisatrice.
« Réparer le monde, c’est croire que la littérature, fragile et têtue, peut encore porter les voix des damnés, les songes des esclaves, les rêves des errants debout dans la nuit… »
Selon Sadrac Charles,
et il a entièrement raison.

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Moise Francois
Moise Francois
Moise Francois

Journaliste rédacteur, poète et apprenti juriste.

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Timoun se moun : Un concours de poésie pour promouvoir les droits de l’enfant en Haïti

Un pays meurtri. Plié sous le poids d’une crise multidimensionnelle. Violence généralisée. Espoir fermé à double tour. Une génération sacrifiée. Les enfants sont de plus en plus menacés. Ils sont de plus en plus confrontés à toutes formes de vulnérabilités entravant l’ensemble de leur développement. Ainsi, ACTIF lance la deuxième édition du concours de poésie «Timoun se Moun ». Une initiative citoyenne où l’organisation fait de l’écriture un tremplin pour bâtir ce que la vie prive aux enfants haïtiens. La douleur peut être transformée en or. La poésie est pour ACTIF (Action Communautaire de Transformation et d’Intégration Formelle) une pierre philosophale. Pas seulement pour cette organisation, mais aussi pour tous ceux qui croient que l’écriture peut aider à rallumer les étoiles. Face à cette urgence d’agir, c’est « une initiative pour sensibiliser, dénoncer et affirmer haut et fort que chaque enfant compte, chaque enfant mérite protection, espoir et avenir» peut-on lire dans le document descriptif du concours. Que comptez-vous donc faire de votre lumière humaine ? À travers ce concours, les participants ont l’occasion de poser un acte de résistance, tel un cri de conscience pour porter la voix de l’enfance brisée. Ouvert du 18 mai au 18 juin, « Timoun se Moun » s’adresse à tout Haïtien vivant dans le pays et âgé de 18 ans et plus. Les textes doivent être soumis en créole. Derrière cette initiative, ACTIF entend d’une part affirmer notre identité culturelle et linguistique, d’autre part enrichir notre littérature créole, la valoriser et encourager la créativité dans notre langue vernaculaire. Le texte ne doit pas excéder 500 mots. Le format retenu est le PDF, la police Times New Roman, la taille 12 et l’interligne 1,5. Ce concours veut offrir une part de tendresse à ces enfants qui sont les premières victimes de la descente aux enfers du pays. Pour évaluer la qualité littéraire des textes reçus et leur essence, un jury est composé de Ruthza Paul, Douglas Zamor et Darly Renois. La première est médecin et lauréate de la première édition de ce concours. Les deux autres évoluent dans les domaines de la sociologie, de la psychologie et de la littérature. Au-delà des prix « Prix du jury : 15 000 HTG + livres + certificat » et « Prix du public : 5 000 HTG + certificat + livres», les meilleurs textes feront partie d’une anthologie qui sera publiée chez les Éditions Répérages. Il est à noter qu’il y aura un gagnant pour chaque prix. Une telle initiative traduit l’engagement de l’ACTIF à inscrire dans l’éternité des auteurs qui embrassent la cause des enfants démunis tout en enrichissant le patrimoine littéraire haïtien. À tous ceux qui croient que, par la poésie, on peut faire de sa vie un chef-d’œuvre, ce concours vous tend la main. Par la même occasion, il offre l’opportunité de contribuer au programme de protection de l’enfant piloté par ACTIF. Chaque participant peut soumettre un seul texte. Ce dernier doit être envoyé par mail à l’adresse suivante : actifkonkoupwezi@gmail.com. Les résultats partiels seront publiés le 30 juin 2025 et les résultats définitifs, le 18 juillet 2025. Pour plus d’informations, vous pouvez visiter ACTIF à l’adresse suivante : 18, Rue Desdunes, Imp. Thoby, Mahotière 79, Carrefour, Haïti ou contacter l’organisation au numéro suivant : (+509) 38 44 57 57. Plus qu’un simple concours, ACTIF vous invite à dire Non. Non à l’oubli. Non à la passivité. Non à la violence faite aux enfants et à la violation de leurs droits.

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